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Photo ; parliamente -Funkadelic à NEW YORL

Parliament – Funkadelic à New york

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New York, vendredi 03/11 au Sony Hall, concert de Parliament-Funkadelic.

Bon ok, c’est arrivé loin de chez vous ! Mais le Sac à Son est sur tous les fronts ! Salle magnifique en sous-sol, pas très grande, comme un Ballroom à l’ancienne.

concert Funkadelic Parliamente

Ce sera plein. Public mélangé, tous âges, toutes couleurs.
Public de fans, mon voisin connaît les paroles des titres joués mais aussi de tous les morceaux funky du très bon DJ set d’avant concert !

George Clinton  a annoncé que c’était sa dernière tournée.
Motivé et plus affûté que ces dernières années, il ne va pas ménager ses efforts à 77 balais quand même !!

Le concert a duré plus de 2h30, une vingtaine de musiciens et chanteurs (des historiques, des nouveaux) plus des rappeurs sont là pour balayer le répertoire des deux groupes depuis 1970 !
Sur scène c’est sexy : des chanteuses dénudées (belle-fille, petites filles de Clinton) mais pas exceptionnelles au chant, dommage ; le bassiste en string. Égalité homme femme.
Un peu de temps pour que ce petit monde se cale mais ensuite c’est monté fort en puissance !

Honnêtement les derniers albums ne sont pas terribles mais certains des titres joués ici sont plutôt pas mal :

un morceau de trap rap et même un morceau de metal bien hardcore « Dirty queen » ; ajoutés au mélange attendu de funk, de blues, de gospel, de rock psyché (avec les titres cultes Maggot Brain, Cosmic Slop, Give up the funk, Knee Deep … ), ça donne un truc hallucinant : tous les genres de la musique américaine y passent en une sorte de fusion globale.

Un morceau de Funkadelic clamait : « who says a funk band can’t play rock ? »

La réponse est claire avec ce mash up de « Get up for the down stroke », « Dr Funkenstein » de Parliament suivi de «super stupid» mélangé à « Get off your ass and jam » de Funkadelic.

Ce qui est incroyable chez Clinton, c’est la capacité, l’envie de toujours se renouveler, de s’entourer de nouveaux artistes et le plaisir de mettre le feu jusqu’à épuisement des troupes.

Mission accomplie, tout le monde a la banane sur scène et dans la salle. On sent de la complicité, de l’émotion, de la nostalgie.
On se demande si quelque chose d’équivalent peut encore exister : fédérer sur 50 ans, autant de musiciens, de créativité, d’énergie, sur disques et sur scène ; probablement pas.

On peut quand même trouver des héritiers, des successeurs, musicalement ou dans l’esprit : par exemple les Beastie Boys, Fishbone, les Red Hot, le Wu-tang, Beck et plus récemment Fantastic Negrito, Childisch Gambino, BCUC ; en France : General Elektriks.

Pour les curieux une tentative de résumé de l’histoire de ces groupes assez peu connus par chez nous : Funkadelic fondé par George Clinton à la fin des années 60 est une formation de funk rock psychédélique.

 Simultanément, il forme Parliament avec les mêmes musiciens et des cuivres en plus, moins rock, plus funk.
Ces deux groupes deviennent en fait un collectif au personnel fluctuant et incluant à certaines périodes des grands noms comme Bootsy Collins, Maceo Parker, Fred Wesley, et même Sly Stone au début des 80’s.

C’est la naissance auto-proclamée d’un genre à part entière : le P-funk pour psychédélique funk.

L’apogée se situant en 1976 avec des albums exceptionnels, d’énormes shows délirants avec une imagerie de BD futuriste et des projets solos ou de groupes dérivés en pagaille.

photo Parliamente -funkadelic

Mon top 10 de leurs albums :

Funkadelic :

  • Maggot brain (1971)

  • Standing on the verge of getting on (1974)

  • Let’s take it to the stage (1975)

  • Hardcore Jollies (1976)

  • One nation under a groove (1978)

  • Electric spanking of war babies (1981)

Parliament :

  • Mothership connection (1975),

  • Chocolate City (1975),

  • The clones of Dr Funkenstein (1976) 

  • le Live P-funk Earth tour 1976 à voir absolument

Des pépites sont à découvrir dans tous les autres albums, projets solos, annexes et même dissidents (le management de Clinton n’a pas été exempt de critiques) notamment du guitariste Eddie Hazel, du clavier Bernie Worrell, des groupes Brides of Funkestein, Mutiny …

A partir des années 90, les albums de Clinton solo ou sous divers noms (P-funk all-stars…) sont plus dispensables.
C’est le hip hop qui a donné une nouvelle impulsion.

un live de la grande époque 1976 :

Le répertoire P-funk est ultra-samplé (De la Soul, Public Enemy, Snoop Dogg dont le hit « Who am I » reprend « Atomic Dog », …).

George Clinton a tout de suite préféré collaborer avec des rappeurs plutôt que de faire des procès.
Il a aussi produit le 2ème album des Red Hot « freaky styley » (1985) avant qu’ils connaissent le succès.
Et ce n’est pas fini car est annoncé un album avec Flying Lotus et Thundercat !

En guise de conclusion quelques-uns de leurs titres-slogans comme autant de bons conseils :

  • « If you don’t want the effects, don’t produce the cause »

  • « Think ! It ain’t illegal yet »

  • « Free your mind and your ass will follow »

Texte : Jerome Pifunk 
Photo : Agnès Lhorto
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