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Interview Péniche : quand l'instru se déchaîne

Interview Péniche : Quand l’instru se déchaîne !

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Temps de lecture : 3 min

Péniche, c’est une aventure musicale née de l’amitié entre passionnés. Leur musique instrumentale, teintée de rock noise et de post punk, se distingue par sa complexité narrative. Sur scène, l’énergie communicative du groupe font de chaque concert une expérience unique. Péniche, c’est une invitation à la rencontre d’une musique vibrante. Quand l’instru se déchaîne sur scène et vous propulse dans un tourbillon musical où riffs incendiaires et humour grinçant se cognent pour une soirée qui vous fera sauter au plafond !

Interview Péniche : Quand l'instru se déchaîne
@Ameline Vildaer Photographe

Pour les Sacassonneurs qui ne vous connaissent pas encore, c’est quoi le projet Péniche ?

C’est un groupe de potes qui s’est rassemblé pour kiffer ensemble dans une certaine thématique musicale. Le line up original c’est avec Xavier, le fondateur qui n’a pas voulu continuer mais qui nous a proposé de prendre Léa à sa place. C’est une amie d’enfance aussi. Pour Triplé, il y a eu un petit passage de témoin. La moitié a été composée avec Xavier et l’autre avec Léa. Donc Péniche, c’est un noyau de potes qui fait du son ensemble et qui part sur la route.

Dès la première écoute, on sent qu’il manque un truc habituel. Comment on en vient à imaginer un groupe sans chant ?

En fait, tous les trois, on a un petit bagage avant où on jouait dans d’autres formations, plutôt de rock français. Dans nos expériences passées, c’était toujours autour du chant qu’on composait. On a voulu un peu expérimenter d’autres choses et ne pas sacrifier, pas le faire au sein des groupes dans lesquels on jouait, mais plutôt monter un truc en parallèle où on pouvait expérimenter d’autres choses.

C’est un peu arrivé au moment où on a découvert toute cette scène Noise, Post-Punk, un peu plus brutale, et notamment la scène indé anglaise. Donc ça nous a permis surtout de faire des titres où on ne se cantonnait pas à une forme classique de morceaux couplet – refrains. La voix n’était plus au centre.

Péniche – Le Havre – Ep A T L A S (Mars 20)

Vous aviez des projets avec lesquels vous aviez beaucoup tourné… Quels sont ces projets?

Au tout début, Péniche s’est monté en parallèle des groupes qu’on avait mais qui n’existent plus. La Jambe de Frida, où on jouait avec Axel, de La Rancœur aussi, dans lequel on jouait avec Léa. Aujourd’hui Axel joue aussi dans un groupe de pop qui s’appelle Michelle et les Garçons et dans Sandwich, plutôt Noise / Shoegaze sur Angers.

Léa a rejoint This Will Destroy Your Ears, un groupe de ghostpunk des Landes. Et là, avec Lucas, on a monté un autre projet aussi qui s’appelle Génial et qui arrive bientôt.

Avec tout ça comment vous composez à trois ? Y’a un instrument qui prend le lead ou au contraire ça laisse de la place à l’impro ?

On n’improvise pas trop parce qu’on n’est pas trop dans cette veine là, à faire des jams ou des boeufs. Par contre, on ramène souvent une idée de base, que ce soit un riff de guitare, un pattern de batterie ou une ligne de basse. Après on tourne un peu autour, et c’est un peu le même principe, mais sans faire des solos et chercher autour d’une grille. On ne va pas jammer pendant une demi-heure pour essayer de trouver des trucs.

Il y a des inspirations particulières pour cet album ?

Oui il y en a beaucoup ! On a pas fait l’album dans une globalité, en pensant chaque titre par rapport aux autres. On a vraiment pris titre par titre.

Quand on a enregistré l’album en studio, on se faisait un tableau où l’on cochait ce qu’on avait fait, les basses, batteries, etc. Et du coup, au bout, à côté des tempos, on avait mis l’inspiration de base, Idles, Concrete Knives, Murder Capital, DIIV, et Lysistrata évidemment, parce qu’on est sur l’instrumental. Quand tu les mets tous côte à côte, ils n’ont rien à voir les uns avec les autres. Pourtant je trouve que l’album a quand même une identité qui se tient et on en est content.

Péniche – Nono 168 – Album Triplé (Mars 24)

Vous vous lâchez pas mal au niveau de l’écriture des morceaux. Dans les précédents EP, je pense à c’est pas des arêtes, c’est des muscles, on sent un gros travail d’écriture. Comme une narration sonore, un espèce de squelette musical complexe, qui au final prend la place du chant.

C’est aussi un peu comme ça qu’on le ressent et qu’on le veut. Nous ne sommes pas non plus tous et toutes de super techniciens de nos instruments et l’idée c’est aussi que ça soit hyper accessible à l’écoute, sans s’enfermer dans un truc. On veut plutôt que les thèmes de guitare ou de basse puissent se chanter aussi et qu’on retienne quand même quelque chose, une sorte de mélodie.

Péniche – C’est pas des arêtes, c’est des muscles – EP Deuxième Étoile (Mars 22)

Il y a des morceaux hyper rythmés, très dansants. Comment vous arrivez à capturer cette énergie et cette spontanéité du studio et le transposer sur scène ?

C’est quand même une musique qui est physiquement très engageante pour nous. Que ce soit Axel à la batterie, Lucas à la guitare, moi à la basse. Physiquement il y a un truc à tenir et du coup je pense que corporellement, on dégage quelque chose. Puis on est toujours content d’être sur scène. On se marre entre nous, on est content de voir les gens et souvent on nous dit après les lives que ça se voit qu’on est content d’être là. Je crois que c’est là qu’on réussit à renvoyer une énergie et une émotion aux gens en fait.

Il y a beaucoup d’humour autours de vos titres aussi

Les noms des morceaux viennent souvent après, parce qu’on se dit que ça nous fait penser à ça, ou des fois, c’est des références à des potes. Grotsunami par exemple, c’est venu parce qu’il est assez transcendental et en même temps c’est un peu une grosse baffe qui débarque. Et jusqu’ici, tous les titres avaient un rapport avec l’univers marin, l’eau, le fluvial.

Péniche – Grosunami – Album Triplé (Mars 2024)

Vous interagissez beaucoup avec le public. J’ai entendu parler d’un truc avec une cloche !

En fait ça fait des petites pauses entre les morceaux. Vu que c’est une musique engageante, on est mort ! Et ça nous permet de reprendre notre souffle et de communiquer. On trouve ça important, parce qu’on ne veut pas être dans le cliché du groupe de rock, en long manteau noir qui s’allume une clope ! Ce côté humour, on le retrouve aussi dans nos échanges avec le public. Parce que le bon moment qu’on veut passer tous les 3 sur scène, on veut aussi le passer avec Cyprien qui est notre ingé son et le public.

Quand tu fais de la musique instrumentale, le set peut être vite long si tu t’adresses pas du tout aux gens ! Vu qu’on n’a pas de chant, on s’adresse à eux, qu’ils entendent un peu de voix d’humain, quoi ! Et c’est pour ça que ça leur donne envie de venir au merch après, parler et échanger. C’est aussi pour ça qu’on fait tout ça, c’est pour faire des dates et aller à la rencontre des gens !

J’ai vu la CoLab l’année dernière sur France TV Péniche x Mad Foxes. Est-ce que ça vous a perturbé dans votre façon de bosser ? Et est-ce que ça vous a donné envie de faire des remixes par exemple ?

C’est un truc qu’on fait de temps en temps. Là c’est particulier parce qu’elle était filmée ! On avait déjà fait une collab avec le rappeur tourangeau Nivek et une autre avec Wild Raccoon qui fait du garage à Lille. Un genre de battle et ça finissait par un feat. On trouve ça marrant de soumettre un peu tous nos titres à nos potes musicien.ne.s, chanteur.se.s qui peuvent soit remixer soit poser leurs voix dessus justement, et voir ce que pourrait donner avec une voix.

Quand les gens posent leurs voix sur les morceaux, souvent ça nous déstabilise un peu parce que jusqu’ici dans Péniche, on ne se réfère pas à une voix. Dans les groupes où il y a un chanteur, c’est une sorte de repère possible. Et nous pas du tout du tout ! Et quand il y a une voix qui se cale, c’est assez déstabilisant. On doit se concentrer à mort pour pas trop l’écouter et pas se planter !

Des projets qui vous font kiffer / Les groupes qu’on a évoqués

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Ecrit par :

Roxane Puthontheredlight / J’aime chiner les pépites dans les 1ères parties et les petits festivals underground. Toujours au taquet sur le dancefloor, on me trouve la plupart du temps devant la scène.
Chroniqueuse de charme pour les Sunday Morning et les lives reports.

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