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Thomas Dybdahl, montée en température


Temps de lecture : 2 min

Ce chanteur et guitariste norvégien, a émergé dans les années 2000, où il avait enchaîné 3 très beaux albums en quatre ans : That great october song ; Stray dogs ; One day you’ll dance for me, New York City. Le tout sur un label norvégien Checkpoint Charlie. Musique folk, avec des accents country soul, une voix suave, douce, un chant dans le souffle. C’est fin, délicat, touchant, de superbes chansons émaillent ces disques. Exemple avec From grace extrait du premier :

Extrait du deuxième album, version live de la Blogothèque :

En 2006, il se produit en concert Salle Victoire 2 (Montpellier) : très beau souvenir. Le son parfait, la voix magique, les influences country soul sont encore plus nettes, surtout avec le look des musiciens scandinaves barbus, chemises à carreaux, voire même salopette en jeans.
La même année sort l’album Science dans la même veine, toujours aussi bon. Avec notamment la chanson « U«  magnifique :

En 2007, il apparaît au chant sur trois morceaux de Morcheeba (album Dive deep). Ensuite il est bizarrement sorti de mes radars, peut-être car c’est un artiste discret. Il est connu et reconnu en Norvège où il a glané de nombreuses récompenses. En dehors de son pays, la reconnaissance existe aussi, certains grands noms l’avaient repéré comme Elvis Costello mais le succès reste modeste.

La fièvre !

Il vient de resurgir par la grâce d’un nouvel album intitulé FEVER sorti au printemps dernier. Un net virage soul, groovy très réussi. Comme l’atteste le single « 45 » :

Ou encore l’excellent Then there was you présent dans notre playlist Le Sac de rentrée, un tube en puissance, carrément funky avec sa Talkbox old school à la Zapp :

La fièvre en effet, on comprend bien, l’album est chaud, sensuel, il y est question d’amour, de séduction. La voix qui susurre, souffle des mots doux, feule, toute la panoplie du lover.

La Soul était déjà présente derrière le folk des débuts mais là, peut-être pour coller au thème, c’est du 100%. Le style est même funk parfois, on trouve aussi des influences gospel sur le morceau Fever. Un album qui s’inscrit dans la longue tradition des crooners soul (Marvin Gaye, Curtis Mayfield …). On y trouve une alternance de ballades et de chansons plus rythmées comme Dance the pain away : la danse comme remède à la douleur. Un intermède instrumental bien groovy vient partager ce disque en deux parties. La dernière plage est une très belle ballade plus bluesy et plus proche de son travail précédent, centré sur la guitare et la voix.

Un plaisir immédiat s’en dégage. Alors je ne saurais trop vous conseiller une petite écoute.

La question qui a suivi la belle surprise que constitue cet album, est : qu’avait fait Thomas Dybdahl pendant toutes ces années ?
Alors en fait, il a délivré 4 albums studio dont :
« Waiting for the clear moment » expérimental et intéressant en 2010 suivi de
« What’s Left Is Forever » (2013) et « All These Things » (2018) tous deux nominés aux Grammys américains mais un peu trop produits, moins personnels ; il y a quelques très bons titres à y dénicher tout de même.
Il a composé également quelques musiques de films dont une très électro. Bref, il avait continué à creuser son sillon folk soul mais aussi élargi ses horizons, exploré d’autres voies.

On espère que ce retour dans nos radars soit de bonne augure et que son dernier disque lumineux, charmeur, rencontre un joli succès par chez nous.

Photo de couverture : Agnès Lortho

Ecrit par :

Jérome Pifunk / Chroniqueur : Sunday Morning, Playlists du lundi. Et mon petit kif, préparer et animer les Soundclashs sur notre page Facebook tous les mercredis à 11h! Co-animateur de notre émission radio sur Raje.

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