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Nika Leeflang, Very Good Sunday

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Temps de lecture : 3 min

Notre rubrique le Sunday Morning ne peut pas mieux porter son nom qu’aujourd’hui. En effet, on va faire plus ample connaissance avec la chanteuse et guitariste Nika Leeflang dont le premier album, sorti le 19 mars dernier chez M.A.D. et PIAS s’intitule Bad Sunday ! C’est aussi le titre d’un des morceaux, un autre s’intitule Good Sunday. Donc on est complètement dans le thème du dimanche. Faut dire que l’année écoulée a pu ressembler pour beaucoup à une succession de dimanches parfois bons mais plus souvent mauvais…

Alors aujourd’hui c’est un très bon dimanche rock qu’on vous propose, en compagnie de Nika avec qui on a le plaisir de s’entretenir longuement. Une très belle rencontre ! Elle évoque ses débuts dans la musique, l’aventure Liminanas, ses influences, l’élaboration de son album et ses projets.

Crédit : Maayan Shahar

Les dimanches d’avant

Nika Leeflang (son vrai nom) est d’origine hollandaise, née dans l’Héraut. Double culture, double langue, sa langue maternelle est le néerlandais. Passionnée de musique depuis toujours, elle est hyper sensible à l’émotion que les artistes lui procurent, surtout sur scène. Elle se met à la guitare, décortique ses morceaux favoris pour en retrouver les accords. Elle fait ensuite ses classes dans les orchestres de variétés pour fêtes de village.

En parallèle, elle écrit, compose et se produit sur scène avec son répertoire solo (un premier EP sort en 2009). Elle a aussi travaillé avec Rim Laurens (Trip Hop) et avec Renaud Papillon Paravel. C’est indirectement grâce à cette dernière collab qu’elle a l’opportunité de participer aux tournées des Liminanas au chant.
Ce qui tombe à pic puisqu’elle vient de laisser tomber les baloches (« je n’en pouvais plus de chanter du Rihanna ») et aussi parce qu’elle ne s’épanouit pas dans son boulot à l’hôpital. Nika se souvient avec amusement que les cadres lui reprochaient de chanter un peu trop fort dans les couloirs… Silence Hôpital !

Donc elle va enchaîner 5 années de longues tournées avec les Liminanas, ce qui lui permet de réaliser ses rêves de voyages, de tour-bus, de festivals, notamment dans la ville de ses grand-parents aux Pays-Bas pour le festival Eurosonic. Cette énorme expérience qu’elle relate avec humilité, lui permet aussi d’apprivoiser son trac, sujet qui donnera la chanson : Broken bones. Alors ce single extrait de l’album Bad Sunday, on l’adore, on l’a choisi dans notre sélection de titres diffusés sur la radio Raje. Imparable, voici le clip :

Perso, j’ai eu le plaisir de les voir au Rockstore à Montpellier en mars 2016 ; Pascal Comelade était de la partie pour un concert des plus mémorables. Un sommet de rock à envolées psyché, noisy. Le grand kif !
Pendant ces tournées, Nika écrit, compose la plupart des chansons qui donneront naissance à son premier album Bad Sunday.

Nika sort un deuxième EP en 2017 : Hey Right déjà bien prometteur. On y retrouve de multiples influences, une variété de styles abordés. Une touche jazzy dans le titre The rules, du plus pop, du plus rock et une ballade plus bluesy et sombre. Le chant quasiment exclusivement en anglais est lui aussi varié, Nika joue entre sa voix solo et les choeurs. Et quelle voix ! Du bel aigu au grave puissant en passant par un grain plus rock et écorché (on peut penser à Kurt Cobain sur le très bon Birds). Un extrait de cet EP :

Bad Sunday

Cet album est donc le fruit de 5 ans de travail. La quasi-totalité des chansons ont été écrites et inspirées par ces années de tournées, de voyages. Le style est volontairement plus homogène. Pour les arrangements, Nika fait appel à Aymeric Séverac et Romain Preuss. Le modèle avouée est PJ Harvey pour sa succession d’albums cohérents mais aux univers différents. Les autres influences assumées sont le grunge (on a parlé plus haut de Kurt Cobain), les Pixies, Sonic Youth, Shannon Wright, Gainsbourg période Melody Nelson évidemment sur le titre inaugural Bad Sunday (on a pu d’ailleurs entendre sur une session live, Nika reprendre de belle façon Pull Marine écrite pour Adjani).

Autres références en France : Kat Onoma et Rodolphe Burger pour son approche blues rock, Catherine Ringer et Niagara. Les fulgurances noisy, les dissonances, Nika les réserve plus pour le live. Pour l’album elle a recherché un son plus naturel, sans trop d’effets. Elle assume son côté pop et ne cache pas qu’elle est une grande fan de Michael Jackson. Nika chante un peu plus en français et n’hésite pas à mélanger l’anglais et le français dans un même morceau. Elle a eu envie de retrouver un format plus chanson française dans l’écriture, qui lui correspond car c’est par là qu’elle avait commencé. Mais le côté rock est toujours là et bien là.

On avait déjà aimé les single Old Stones présent dans nos playlists Sur les platines vol 17. Eh bien on n’a pas déchanté à la découverte de cet album qui nous a complètement conquis.

Ce qui est frappant, c’est la qualité des compos, et le caractère hautement addictif de l’ensemble. Un bel équilibre entre pop et rock, entre sensibilité et énergie. Outre les deux singles déjà cités, on a un faible pour Customer et pour la chanson finale poignante et son climat plus sombre.
Nika annonce ce titre The Night Call comme une transition vers la suite. En effet elle a profité de cette « période de merde » pour continuer à écrire, composer dans une voie encore plus personnelle, nous dit-elle.

Les dimanches à venir

La suite logique : la scène bien sûr sauf qu’on n’est pas encore revenu à la normale. Après avoir donné des concerts en streaming, elle prépare un set solo pour le retour à des concerts réels. La période et les circonstances font qu’il est compliqué de pouvoir tourner avec les musiciens qui ont travaillé sur l’album. Donc l’idée c’est guitare samplée en direct, rajouts de batterie en drum kit et bien sûr la voix !

On a hâte de voir Nika sur scène, dans l’Héraut puis on l’espère, à Nîmes où elle a vécu brièvement et où elle gardé a des attaches amicales et musicales. En attendant et pour continuer à faire connaissance, elle nous partage avec enthousiasme ses 5 titres fétiches du moment : PJ Harvey bien sûr, Tamar Aphek (un autre morceau à retrouver dans notre playlist Moisson d’avril), Troy Von Balthazar, Bandit Bandit. Ces deux derniers, on les suit, on les a vus en concert et on les adore aussi. Alors là on se dit qu’on a beaucoup de goûts en commun et on a foncé écouter le 5ème titre de la playlist signé DPMT : un groupe de rock français. Eh bien on n’a pas été déçu, à suivre!

Les titres du moment de Nika :

Retrouvez et suivez Nika Leeflang sur son site officiel, You Tube, Facebook et Insta.

Photo de couverture : Agnès Lortho

Ecrit par :

Jérome Pifunk / Chroniqueur : Sunday Morning, Playlists du lundi. Et mon petit kif, préparer et animer les Soundclashs sur notre page Facebook tous les mercredis à 11h! Co-animateur de notre émission radio sur Raje.

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