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Live Report: Mordor Fest, du noise au pays des vaches !

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Le Mordor Fest existe depuis 2018. Pour poser le cadre, on est en plein milieu des pâturages de vaches, dans l’Aubrac, proche d’une cascade très touristique. La prog est très proche de celle de lieux alternatifs comme le Raymond Bar à Clermont, l’Accueil Froid d’Amiens ou encore la Cave de Chadenet dont les 10 ans sont marqués par les débuts du Mordor Fest. De l’underground, de l’indé, des pépites mêmes au delà des frontières. Bref de la grosse découverte pour nous. Nous prêchons l’ouverture et la découverte dans le Sac, et nous voulons êtres doublement servis et surpris. On vous avez déjà passer quelques titres du line up dans la playlist Gigors / Pointu / Mordor cet été.

J1

LE SITE

On débarque à 18h30. Bracelets au poignet et on est parmi les premiers arrivés sur site. Une vieille grange (buron comme on les appelle ici ) bordée de champs à perte de vue. Deux scènes sous chapiteau qui se font face et une troisième pour le Bar’O’Gorilles, dans une déco glamour jungle où se cache un king kong et sa pin-up années 60.

3 food trucks aux styles bien tranchés (argentin, burger de l’Aubrac et truffade), des stands de merch’ (on retrouve les copains de de l’Assos’y’song), et sérigraphies (notamment Ed Hntd).
Plus loin une safe zone, de quoi chiller sur un transat en plein weekend des étoiles filantes, un baby et même un street fighter !

Les bénévoles ont le smile, et on tombe sur quelques figures montpelliéraines et nîmoises, le weekend est bien parti.

HARDCORE AND CO

Alors que l’on prend nos marques sur le festival on entend le premier concert de la soirée Mr R, du Post Rock biterrois qui marque d’un ton éthéré le début du festival.

Les concert s’enchaîneront dans un ping-pong de chapiteaux, et on se dit que le bar n’a pas été placé entre celles-ci pour rien. 

On sue à grosses gouttes à l’image de la moustache frénétique du chanteur de Superbeatnik qui envoie du lourd. Une performance enflammée sur scène, une énergie contagieuse côté public. 

D’ailleurs, on croise une grande mixité d’âges et de styles allant jusqu’à croiser au milieu des headbangers un groupe de retraités très charmant devant du gros Noise !

On reste scotché par le style irréel voire carrément sous acide du batteur de Rien Virgule, trio au style OVNI mêlant nappe électro saturées et son démesurément noise. 

Rien Virgule – Live @ la ferme du Goutailloux

Gros contraste avec les chevelus de Valve et leur sludge métal hardcore dans le chapiteau d’en face, MoE et Tue. Un poil trop énervé pour nos fragiles oreilles. On vous en donne un aperçu quand même !

Tue – Live @ Mordor Fest 2023

Des riffs bien lourd et des rythmiques fiévreuses se font entendre, on retente notre chance avec Princess Thailand, emmenée par leur chanteuse charismatique Aniela qui électrise le public du chapiteau. On est là face à un mur de son, et une prestation aux petits oignons.

Mais la fatigue nous guette et la fin du concert se fera sur le chemin de la tente. (Il est 2h30). L’écho du Hip Hop de Bête et Méchant nous ferait presque regretter d’être partis ! Une grosse énergie et un public encore sur batterie résonnent jusqu’à nos oreilles alors que nous fermons les yeux après cette première soirée enflammée. 

J2

DE VRAIS TOURISTES

Réveil au café du village de Nasbinals, entre festivaliers et randonneurs (on est sur le chemin de St Jacques de Compostelle). On profite pour pousser la balade aux alentours, un autre point fort pour le Mordor. 

La prog démarrait à 15h avec des jeux (blindtest) et d’autres concerts. On a bêtement suivi le line up affiché derrière le bar [Mea culpa de votre reporter de terrain!]

Déçus d’avoir raté les performances de Mistress Bomb H, Raskanine et Gom Pilote, on s’empresse donc de rentrer pour tomber nez à fesse de KG et son petit cuir moulant, cheveux au vent, qui nous balance un synthwave du sommet de sa voiture. UN DÉ-LIRE!!!

Le J-2 se montre beaucoup plus ouvert aux styles musicaux, et quelques pépites nous ont séduit.

ECCLECTISME

On est captivé par la virtuosité de la batteuse d’Ogino, groupe de math rock instrumental clermontois fondé en 2011. 

Beaucoup d’effets vocaux et de distorsion noise dans Fleuves Noirs qui amènent une atmosphère sombre en ce début de nuit. Des textes violents, criés, c’est l’apocalypse, la fin du monde (deux des titres du set) sous le chapiteau. 

Grosse découverte de cette soirée ! Chavalan, un style bien tranché mais surtout une composition peu commune. Véritable complémentarité ou réel duel entre les deux basses. Tantôt dures, tantôt douce et ronde. Le tout, rythmé par un batteur qui n’est pas là pour faire de la figuration ! A se demander comment on est passé à côté de ça il y a quelques mois lors de leur passage à Nîmes !

Chavalan – Live @ 16 Toneladas, Valence

Dame Area est The groupe qu’on attendait avec impatience ! Le duo italo-espagnol performe une électro dark et puissante, empruntant des éléments au post-punk, à la new wave et aux technos les plus underground de Berlin. La pièce est moite, pleine à craquer. On est tous emballé par l’énergie communicative d’Elena, qui en furie, saute dans le public déjà survolté pour imposer un a capella démentiel. 

Dame Area – Live @ Mordor Fest 2023

Après cette folle parenthèse électro qui nous a vraiment fait du bien, on galope vers Furie, dans un tout autre style. Musicalement, on pense aux Black Sabbath et aux Stooges. Niveau texte, on est sur des thématiques ultra joyeuses : deuil, relation toxique, frustration et colère. Une bonne séance de thérapie de groupe pour le public, captivé. 

On terminera notre soirée sur le punk hardcore de Tvivler, qui a fait le déplacement depuis Copenhague. En pleine ascension européenne, il redonne leurs titres de noblesse au hardcore des années 80.

Ce qu’on gardera en mémoire :

Ce qu’on pourrait améliorer pour les prochaines : 

Bilan et verdict : 

Ouii !! Première soirée un poil violente pour nous, mais on s’est bien rattrapé sur la deuxième. On y retournera car on a vraiment été séduit par le concept très tranché et le parti pris, le cadre et l’ambiance en général. Un bon week-end à faire pour se sortir de sa zone de confort (ou y rester). On profitera de ces lignes pour remercier nos copains de l’Assos’y’song sans qui nous n’aurions jamais connu ce festival, et organisateurs depuis plus de 20 ans de concerts rock noise et autres régalades sur Nimes et ses environs !

Ecrit par :

Roxane Puthontheredlight / J’aime chiner les pépites dans les 1ères parties et les petits festivals underground. Toujours au taquet sur le dancefloor, on me trouve la plupart du temps devant la scène.
Chroniqueuse de charme pour les Sunday Morning et les lives reports.

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