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Interview : O.B.F Soundsystem, une affaire de famille

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Temps de lecture : 3 min

Pour O.B.F. Soundsystem comme pour le Sac à Son, la famille, c’est sacré. Déjà dans notre playlist Jamaican Vibes Volume 2, on était obligé de vous parler d’eux!! Depuis plus de 15 ans, ils plient le game mélangeant électro bien heavy à l’anglaise et des purs sons roots. Ils collaborent avec les plus grand noms de la scène jamaïcaine et de l’international. Tout est fait maison! De la compo au studio, en passant par la production, grâce aux deux labels qu’ils fondent, O.B.F Soundsystem Records et Dubquake Records.

Underground, alternatif et que les aficionados suivent comme le lait sur le feu depuis début 90, les boilers rooms électro n’ont rien à leur apprendre. C’est un peu le dub qui initie cette config dans les années 60, selecta entouré par son public. En France, les High Tone, Brain Damage, ou encore Kanka popularisent ce mouvement, étant très communautaire au départ et surtout réservé aux hommes dans la culture caribéenne. Inspiré de tout cela, début 2000, O.B.F développe ses sons, puis des soirées. La mayonnaise prend.

L’interview visio se passe dans leurs studios avec deux membres fondateurs d’O.B.F: Rico, selecta, beatmaker et producteur, et Stef, régisseuse des tours et couteau suisse du crew.

Rico / O.B.F Soundsystem on instagram

Pouvez-vous présenter O.B.F pour les Sacassonneurs/euses qui ne connaissent pas encore?

RICO: Original Bass Foundation c’est un Soundsystem dans la veine des soundsystems jamaïcains, reggae dub, avec des influences plus actuelles. On essaie de briser les codes et les barrières. On aime tout ce qui est orienté UK caribéen. Donc c’est un mélange de tout ça et c’est aussi une famille depuis longtemps.

Un de mes titres préférés, Family sur l’album Ghetto Cycle est consacré à cette famille dub que vous vous êtes créée. Vous pouvez nous en dire plus ?

RICO : Tu ne peux pas être un one man army, qui gère tout seul. O.B.F a démarré à deux, puis aujourd’hui on est une grande team, avec les constructeurs de sono, les orgas, les logistiques, ingés son etc… Tous ses corps de métier sont indispensables au soundsystem, et il faut que cette famille soit soudée. Notre rythme est parfois difficile. Avant c’était plus facile pour créer du lien, car il y avait peu de crew en France. Il y avait Blackboard Jungle, Lion Roots, Stand High Patrol… On s’est rapproché facilement. C’était une niche et maintenant la niche est plus grande.

STEF : Au-delà de ça, le milieu du dub est une famille. Entre crews, on est des potes avant tout. On est dans l’échange, le partage, c’est hyper friendly comme milieu.

Comment tu es tombé dans cette culture et quand?

RICO : À Genève, on gravitait autour de toute la scène squat alternative, très importante à l’époque. Une bonne partie de ces lieux était tournée vers le reggae et hip-hop.  On assistait aux soirées d’Asher Selector (qui est un promoteur et oncle pour nous dans la scène culturelle genevoise). Il nous a permis de découvrir des groupes comme The Congos, Gladiators, Gregory Isaacs,  ou Jah Shaka… Tous les classiques du reggae venaient ! On a eu l’influence de la scène plus soundsystem UK dans une cave de squat qui s’appelait le Goulet, représenté par le crew Cultural Warriors qui a ramené cette culture outre-manche fin 90 début 2000.

Il mélangeait des classiques et des trucs plus électro. On ne trouvait pas la même chose dans nos shops de vinyles. Ils avaient quelque chose de plus.  C’est comme ça que j’en suis arrivé à créer mes propres sonorités pour mes sélections.

Et vos propres soirées ont commencé comme ça ?

STEF : Il y a eu tout un premier moment en 2000 où Rico sélectionnait du son. Puis, en 2002, il a commencé à créer du son et construire notre premier soundsystem. Ensuite, on a commencé nos premières soirées dans la cave du squat où on habitait. On s’est fait repérer par le programmateur du gros club de Genève Le Zoo – Usine qui nous a proposé d’organiser nos premières soirées en 2006. On faisait les premières parties d’High Tone, Improvisators Dub

Vous êtes très autonomes dans votre production, avec les deux labels aussi, ça vous laisse plus de liberté ?

RICO : On crée des morceaux, on joue sur notre propre soundsystem, et on sort sur nos propres labels. On fait bien sûr d’autre chose avec d’autres labels et organisateurs. Après on travaille tellement dur qu’on préfère que le prix de nos efforts revienne à la famille. C’est une team solide.

Le documentaire Ina Vaguard Style sort en début d’année prochaine, quelle est l’origine de ce projet ?

RICO : Début 2000 j’étais dans une soirée à Genève et j’ai filé mon cd à un gars venu d’Angleterre.  Et il l’a fait écouter à Iration Steppas, qui m’a ensuite contacté sur mon caramail! Pour nous c’était impensable, on écoutait ses sons sur vinyle ! Il nous a pris sous son aile. C’était le premier à jouer nos sons et à nous inviter. 15 ans après ça, c’est à moi de lui rendre un hommage pour ses 30 ans de carrière. 

Avant Stand High, avant High Tone, avant nous tous, il y avait ces gars en Angleterre qui expérimentaient en mélangeant de la house, du trip-hop, du reggae. Ils ont changé la vie tous ces crews. Donc j’avais envie de retracer leur histoire, la scène rasta, house, et même avant dans la ghetto youth musique. Je voulais montrer à la nouvelle génération que cette musique a vraiment une racine et une âme forte. 

C’est quoi pour toi le message le plus important, ce que tu voudrais qu’on retienne d’O.B.F dans 50 ans?

RICO : L’esprit énergie, familial et de mélange. Qu’on aura ouvert des barrières. Il est vrai que la scène reggae est parfois fermée sur certains concepts. Mais la scène dub a toujours innovée! Si on remonte à King Tubby, précurseur du dub, il a toujours innové grâce aux nouvelles technologies et aux mélanges de style. C’est ça qui est cool dans le dub, c’est une perpétuelle évolution. Voilà ce qu’on essaie de véhiculer dans l’ensemble.

Les artistes à suivre ou qui vous font kiffer en ce moment

Les prochaines dates pour danser avec vous?

STEF : Leeds (UK) au Subdub avec Iration Steppas le 13 novembre et l’avant première du documentaire Ina Vanguard Style; Nantes (carrière St Herblain) le 19 novembre, Paris (Trabendo) le 20 novembre et une avant-première aussi du documentaire; et surtout une date spéciale pour les 15 ans des Dubquake party le 27 novembre à Genève.

Des news des prochaines sorties?

RICO : Des choses vont bientôt sortir avec Junior Roy, Belén Natalì et Charlie P… Donc à l’occasion des 30 ans d’Iration Steppas, le documentaire prévu pour février 2022, et on re presse aussi certains de leurs morceaux des années 90.

Du fond du coeur merci d’avoir répondu à nos questions, pour toutes ces good vibes et sourires! On ne peut que leur souhaiter une route aussi longue et belle que celle qu’ils ont déjà parcourue.

Ecrit par :

Roxane Puthontheredlight / J’aime chiner les pépites dans les 1ères parties et les petits festivals underground. Toujours au taquet sur le dancefloor, on me trouve la plupart du temps devant la scène.
Chroniqueuse de charme pour les Sunday Morning et les lives reports.

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