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Interview : Les mutations sonores de SERVO

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Temps de lecture : 3 min

Depuis 2016, Servo s’est crée une réputation grâce à leurs lives puissants et intenses. Avec une reverb’ à faire pâlir Bahaus, des sonorités anglaises, rock psyché et shoegaze, le trio rouennais prend aujourd’hui un petit virage en creusant davantage le post punk et des rythmiques électro indus sur l’album Monsters

L’introspection est toujours de mise avec des textes souvent sombres et mélancoliques. Ils explorent des thèmes tels que l’aliénation, la solitude et la violence, bref une joyeuse partie fine d’émotions, reflet d’une société souvent décevante. 

Interview SERVO
– SERVO – Arthur, Hugo et Louis

Pour les Sacassonneurs qui ne vous connaissent pas encore, c’est quoi le projet SERVO

On peut dire que la grosse ligne directrice c’est du post punk avec toutes les influences qu’on a la de base qui sont quand même plus shoesgaze et psyché, même si on s’en éloigne de plus en plus.Notre première envie c’est d’aller faire du live. Et d’adapter nos sets et nos chansons pour faire un spectacle qui nous planter qui plaît à notre public. 

Qu’est ce qui vous a marqué particulièrement dans ce style ? Comment on en arrive un jour à faire du post punk ?

C’est petit à petit avec l’influences des groupes qui émergent sur la scène actuelle. Au début on faisait plutôt du psyché voire du shoesgaze et au fur et a mesure ça nous influence à nouveau et le style évolue. 

Vous avez des sides projects ? Ou en aviez avant mais tout lâché pour Servo ? 

Hugo: ouais, du coup, moi j’ai joué dans SundduneS / Greyfell / Bungalow Dépression tous ça sur Rouen et Jabberwocky Band aussi mais plus compliqué géographiquement. Mais rien ne s’est arrêté exprès pour Servo, c’est juste arriver à ce moment là.

On avait fait un site projet les Spice Division aussi mais on a fait que 2 concerts ! C’était plus un truc d’improvisation live avec pas mal de thèmes en boucle et sur lesquels on chantait / criait un peu. Ça vient un peu de notre envie de faire de la performance live. 

Le dernier album Monsters explore un peu plus de sonorités plus électroniques et expérimentales que les précédents. Un brin d’indus au ressenti. Comment avez-vous décidé de prendre cette direction plus marquée ?

Le premier et second album sont un peu dans la même lignée. On avait les mêmes envies en terme de composition. On a changé de référence et d’influence au fur et à mesure mais ils faisaient partie de la même intention. Pour Monsters, on avait envie de découvrir, partir vers de nouvelles directions. Les tempos sont plus rapide, plus rentre dedans. Les chansons sont un peu plus courtes aussi, on se dirige plus sur le post punk.

Depuis nos deux premiers albums, des groupes sont apparus et nous ont marqué. On a eu une grosse période d’y an ou deux avant qu’on compose l’album où on écoutait Metz. C’est pas dans la même veine des influences qu’on a pu avoir pour les 2 premiers albums.

Sur l’album Laids of Gods, vous exploriez des thèmes comme aliénation, la solitude et la violence,  sur Alien, la paranoïa, la folie et la mort. Quel(s) message(s) voulez-vous transmettre à vos auditeurs ?

Bien évidemment la joie surtout, l’optimiste et l’objectivité ! Non mais pour Monsters, on est un peu plus dans l’introspection. Pour les deux premiers albums, c’était plus une envie de respecter un thème. Celui de la mysticité, de la spiritualité, pour créer des ambiances avec des paroles qui s’y attachent.

Niveau clip, le dernier de Stadium est énorme ! Vous pouvez me raconter la genèse du projet vidéo ?

Le clip c’est l’idée de Mathis Magontier, le réalisateur (et frère d’Hugo) qui a maitrisé de A à Z. Il voulait reprendre la pochette de l’album et a raconté une histoire autour de ça. Il est arrivé avec cette idée en voulant créer un truc un peu étrange mais qui peut être vu par un public plus large. Le résultat est ni trop bizarre ni pas assez, un bon compromis.

Une grosse tournée en Angleterre vous attend avec Slift, c’est pratique quand on chante en anglais ! D’ailleurs pourquoi pas de français ? 

Parce qu’on sait pas parler français !

Plus sérieusement la plupart des influences qu’on a sont en anglais donc c’était naturel de se diriger vers cette langue. Avec l’anglais, le sens premier des paroles te vient pas frontalement dans la gueule quand tu es francophone. La voix est plus prise comme un instrument. Quand tu écris, tu es moins dur envers toi même en anglais quand c’est pas ta langue maternelle… et tu te lâches plus facilement !

On a quand même sorti notre second album Alien sur un label anglais (Fuzz Club Records), ça nous a permis d’avoir un bon public uk qui nous suivent. Il y a une très belle scène pour notre style.

Puisqu’on a parlé d’instropection et d’émotions sombres, qu’est-ce qui vous révolte (en général ou en ce moment) ?

Pas vraiment de sujet précis, c’est plus une accumulation de stress, d’émotions, du fait qu’on vive dans une société où on a plein de stimuli. On s’en sert pour créer des choses qu’on aime.

Et la scène rouannaise ?

Il y a une très belle scène avec des groupe comme MMNQNS, We Hate You Please Die et Dye Crap aussi, You Said Strange qui montent bien. Beaucoup de groupes sont suivis par la S.M.A.C Le 106. Il y’a le seul bar à concert de Rouen, Le 3 pièces, où tout monde boit des coups et où les idées de groupes émergent là bas.

Des projets qui vous font kiffer / vos intemporels

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Quelques dates :

  • 2014 : formation du groupe avec Hugo, Louis et Hugo avec les premières résidence à la SMAC Le 106 à Rouen et un premier EP No Bread For Sinners
  • 2018-19 : premier album Lair of Gods, ils font les premières parties avec MMNQNS, We Hate You Please Die ou encore The Psychotic Monks. Et ils tournent avec en Angleterre grâce à leur label Fuzz Club.
  • 2020-22 : Second album Alien, ils croisent la route de Structures et aprticipe au Lévitation à Angers.
  • 2023-24 : troisième album Monsters, la tournée démarre avec Lysistrata et continuera avec Slift en Angleterre.

Ecrit par :

Roxane Puthontheredlight / J’aime chiner les pépites dans les 1ères parties et les petits festivals underground. Toujours au taquet sur le dancefloor, on me trouve la plupart du temps devant la scène.
Chroniqueuse de charme pour les Sunday Morning et les lives reports.

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