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Interview: La suite s’annonce bouillante avec La Fine Équipe

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Temps de lecture : 3 min

Photo La Fine Equipe prise ici. De droite à gauche : Oogo, Chomsky, Mr Gib, Blanka

La larme à l’oeil mais le sourire aux lèvres, je repense à mon dernier concert du 12 mars 2020 où Oogo, Chomsky, Mr Gib & Blanka avaient retourné la salle de la Lune des Pirates à Amiens. Depuis 2008, La Fine Équipe convie de nombreux artistes sur les cultissimes albums/compils la Boulangerie, à re découvrir ici.

Oogo, cofondateur du label Nowadays, m’appelle après une longue journée de tournage pour le nouveau clip du duo Grand Soleil qui vient d’ailleurs de sortir son album (à écouter ici). On fait le point sur le dernier EP Cycles sorti en février, cette longue année et comment il envisage l’après.

Pour les sacasonneurs qui ne vous connaissent pas encore, comment tu définirais votre style ?

C’est toujours un peu difficile de définir notre style. Déjà parce qu’on est 4 djs, producteurs et compositeurs. On a chacun notre univers même si on évolue tous dans la musique électronique, avec des origines puisées dans le hip-hop instrumental et alternatif. On s’est rencontré grâce à cette culture du sampling. Nos albums La Boulangerie sont issus de ça. On collectionne beaucoup de disque, on va chercher dans toutes les époques et les styles. C’est le point de départ de La Fine Equipe : culture du sampling du hiphop et musique électronique, toute la branche instrumentale du hip hop qui a créé un mouvement de musique électronique bien à part.

La Fine Equipe & Fakear – Cheese Nan

Vous avez sorti Cycles en février dernier. Comme Goodjiu de Baja Frequencia me l’a dit le mois dernier, le fait d’avoir arrêté la tournée avait permis de plus bosser les prods. C’est votre cas aussi ?

Personnellement, j’ai été moins inspiré et j’ai moins eu envie de faire du son. Évidemment les gens ont eu plus de temps et ont pu se retrouver en studio. Dans La Fine Equipe, on a essayé d’autres aventures. J’ai beaucoup travaillé sur le label, sur d’autres sorties d’artistes. On a fait des clips pour notre EP et on est en train d’en faire un autre en animation. On est plus productif en tournée, entre deux hôtels ou deux trains. Les rencontres aussi nous donnent plein d’idées de sons et de collab. Cette période y a été moins favorable. On essaie beaucoup de choses en live aussi. Pour nous c’est sincèrement plus stimulant la tournée.

Pour Cycles vous avez convié Penelope Antena (sur le label de Chomsky, Kowtown Records) pour le track triphop On point. En quoi la situation que l’on vit depuis 1 an a facilité ou rendu plus difficile les feats ?

On a échangé avec beaucoup d’artistes par mail mais on a eu la chance de pouvoir se voir souvent. Les échanges ont été compliqués avec les artistes n’habitant pas en France. On travaille toujours de la même manière qu’avant. Ce qui a été plus compliqué avec Gaël Faye, c’était le tournage du clip en 3D.  Il s’est filmé pour pouvoir le modéliser en 3D ensuite. Et on a fait un tournage avec le réalisateur par Skype et ça c’était galère ! En fait, tout l’EP a été composé avec les artistes au départ, une vraie collaboration. Tous les morceaux ont été étalés dans le temps. On a au moins 10 versions de chaque track !

L’album 5th Season était prophétique et évoquait déjà l’apocalypse. Le titre Ouroboros (serpent qui se mord la queue) en était d’ailleurs le dernier titre. C’était précurseur de Cycles ?

Cycles est la continuité de 5th Season qui était une fin et le début de quelque chose aussi. Cycles, c’est la suite qu’on avait commencé à écrire avant le covid. Il y a cette idée de répétition, qu’il n‘y a jamais de fin. La fin est une renaissance. Cela peut être dur et triste mais joyeux à la fois. Et en ce moment on a cette sensation qu’on arrive à la fin d’une époque, une sensation d’urgence. Le sujet de la fin de l’humanité revient souvent j’ai l’impression. On n’a pas de message à faire passer, c’est juste un ressenti, que ça soit sur une note écologique ou un délire science-fiction.

La Fine Equipe & Gaël Faye – Pemmican

Vous sacralisez un peu l’objet vinyle en proposant uniquement sur ce support des titres en Face B indisponibles ailleurs…

Il y a des morceaux dispos en streaming, et des morceaux qui ne sont jamais sortis en vinyle avant. On avait une face libre avec l’EP. Et on s’est tout de suite dit qu’on en profiterait pour faire kiffer les gens. On aime bien l’idée de proposer un truc en plus, surtout pour nous fans de vinyle. Le titre en exclu n’est pas une version alternative, c’est un morceau qu’on avait fait pour le live, assez dansant et qu’on n’a pas eu l’occasion de jouer.

Cycles se termine quand même par un Happy end, titre hyper feel good. C’est nécessaire en ce moment, ce message d’espoir ?

C’est drôle parce que le dernier titre de 5th Season, Ouroboros est beaucoup plus dark. C’était avant le confinement. On est dans un moment où c’est dur pour tout le monde et on a besoin de musique festive. D’ailleurs le titre inédit sorti sur le vinyle est un titre festif aussi. On a envie de reprendre la tournée, refaire la fête, on a tous envie de ça ! Quand on ne peut rien y faire et qu’on attend que ça passe, il faut au moins se marrer !

La Fine Equipe – Happy end

Vous aborderez on espère, une tournée prochainement. Niveau scénographie, c’est une barre de 4 Djs ou on vous retrouvera dans un autre format ?

Je ne sais pas trop, on n’a pas eu le temps de se poser là-dessus. Des dates potentielles se précisent pour cet été et je pense que ça sera dans la même forme pour l’instant. On a envie de faire plus de live dj set aussi, un moment vraiment festif où on joue pendant 3h, à la manière des Club Nowadays. Ces soirées devaient être lancées en mars 2020, en y invitant des artistes, avec une forme plus légère, sans scéno. On l’a toujours en projet. On veut jouer dans des plus petits lieux, où on se sent bien. C’est un truc qui est de plus en plus important pour nous, même si on kiffe tous les festivals et les salles de concert traditionnelles.

Donc vous êtes plutôt team on attend fin d’été parce que les jauges réduites assises ce n’est pas pour votre truc ?

Exactement. Après on a envie de jouer mais on va plus bosser le côté dj set pour l’instant. On repensera une vraie tournée avec une grosse scéno pour 2022 dans le meilleur des cas.

Les occupations des lieux culturels, ça vous touche particulièrement ? Vous avez suivi les actions ?

Il y a un côté en peu extrême en ce moment où les gens se divisent. On est évidemment touchés et de mon point de vue d’artiste, je trouve absurde et fou le couvre-feu. Moi je vis la nuit, c’est un moment qui n’est pas plus dangereux qu’un autre pour moi. On doit faire ce qui arrange le plus de monde donc on s’adapte. Mais les artistes et la Culture deviennent marginaux, et pas essentiels comme ils disent. C’est un des moments où on a le plus besoin de ça, on n’a plus que ça. Je ne pense ne serait-ce qu’aux musées, aux théâtres, aux cinémas. Ça rend fou et c’est pour ça que des fois, j’essaie de m’en détacher, on ne peut rien y faire.

En tant qu’artiste, on ne s’est jamais senti autant peu utile qu’en ce moment. Ça fait un peu mal parfois parce qu’on sent que les gens ne se rendent pas compte à quel point ils ont besoin de tout ça. On revient un peu à ce statut de saltimbanque amuseur. Ça donne la sensation de pas être pris au sérieux parfois.

A quand une nouvelle Boulangerie ? On a tous hâte !

Moi j’ai hyper envie ! J’en ai parlé aux gars, j’ai déjà une grande liste d’invités de ouf ! Toute cette période m’a permis de repenser, de faire le bilan. On peut le prendre bien aussi ce moment-là et ça peut être moteur. On se rattache à des choses essentielles et pour moi, c’est nos débuts. La Boulangerie c’est le début de LFE et le label Nowadays a démarré avec ça. Et d’ici une bonne année, on pourra revenir avec une belle Boulangerie.

Les titres du moment qui te font kiffer

Sélection Oogo – La Fine Equipe – mai 2021

La playlist Bon appétit de LFE recense une grande partie de leurs kiffs du moment! Aller y jeter une oreille par ici!

Ecrit par :

Roxane Puthontheredlight / J’aime chiner les pépites dans les 1ères parties et les petits festivals underground. Toujours au taquet sur le dancefloor, on me trouve la plupart du temps devant la scène.
Chroniqueuse de charme pour les Sunday Morning et les lives reports.

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