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Histoire de mélanges

Elisa Hienly

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Temps de lecture : 3 min

Je suis une vraie «boulim(us)ique». J’ai grandi en étant bercée par du Marley, comme du Hendrix, en passant par du Stan Getz ou du Prince. La musique, elle fait voyager, elle ravive -ou crée- des souvenirs, elle parle à l’enfant qu’on était, à l’adulte (énervé, amoureux, nostalgique…). Elle est parfois le mélange de tout ça. Pour moi, elle doit être comme un coup de tête, un coup de pelle en pleine face, un direct à la mâchoire, un uppercut aux tripes ou une étreinte au cœur. Elle se ressent, se vit et la peau, les poils, chaque organe peut se mettre à vibrer.
Alors viens faire un tour dans mes méandres, dans mes mélanges, et laisse-toi porter toi aussi.

Du roots aux graines

Pour démarrer en douceur, un vieux classique reggae, de ceux qui sonnent limite faux : The Gladiators, avec le titre Look is deceiving. Mi paisible, mi motivant, il faisait partie de ma bande-son pendant mes années mahoraises.
Histoire de continuer un peu dans le reggae, en voilà un inspiré des « Anciens ». Mo’Kalamity, native du Cap-Vert est une des rares voix féminine du genre (elle a d’ailleurs fait quelques scènes avec The Gladiators, Winston McAnuff, Tiken Jah Fakoly…).
Continuons avec Hak Baker , 7am, chanteur de « g-folk » comme il dit, et sa voix de caribéen londonien, spleeneuse et chaude.

Rap and sounds

Quitte à faire un tour par l’Angleterre, on s’écoute ensuite un petit duo britannique, rencontre d’un dj (qui n’étouffe pas dans un seul genre) et d’un MC, Subculture Sage, dont le 3ème album a une certaine saveur hip-hop old school fort sympathique. Avouez, ça donne le smile.

Et puisque l’on parle musique et influences diverses, est-il encore besoin de présenter The Roots , When the people cheer ?! Ce groupe de hip-hop, composé de vrais musiciens, qui samplent leurs propres musiques.
Allez, on ne s’endort pas, et tant qu’à être dans le hip-hop, on fait un saut à Brooklyn avec The Underachievers et leur hip-hop alternatif (voir psychédélique) aux mélodies rêveuses et mélancoliques. Et on continue avec le multi-instrumentiste anglais Mura Masa, Lovesick pour se réchauffer un peu (ça sent le soleil ça, non?!).

Alors on danse

Maintenant qu’on a moins froid, que serait une playlist sans un peu de dancehall ? (Et ben oui, on a vécu dans les îles ou pas…). Alors on associe un chanteur du genre avec la 1ère femme dj du genre aussi et on écoute Stylo G ft Sister Nancy avec Badd. Hmmm que ça fait du bien, on a juste envie de bouger la tête et le popotin !

Et puisque l’on danse, on va vite réaliser qu’il n’y a pas que les îles qui donnent envie de bouger ! Découvrez, si vous ne connaissez pas encore, ce mélange de cuivres des Balkans, de hip-hop et d’électro avec Balkan Beat Box, groupe-fusion qui se veut citoyen du Monde. Vous avez même droit à 2 morceaux parce que leurs sons sont trop variés. Dancing in the moon, le plus doux, qui me les a fait connaître, et  I trusted you, beaucoup plus récent, et énervé. Un conseil ? Allez les voir sur scène, ambiance garantie, beats survoltés et énergie communicative du chanteur.

Bon, je crois que vous avez saisi que j’aimais les mélanges, alors en voilà un autre, dont vous avez déjà entendu parler sur le Sac à Son (c’est là qu’on reconnaît les vrais), The Architect avec Baile de sol. Artiste touche à tout et véritable digger, le dj français nous offre un petit voyage brésilien qui fait du bien…Ça sent l’été !

Jamaïque trip

On reste en France encore, mais celle qui voyage, avec le Jamaïcain de cœur, passionné de rub-a-dub, Biga Ranx et son Liquide sunshine, ou comment garder le sourire un jour de pluie.
Et lorsque l’on parle Jamaïque, pourquoi ne pas se pencher sur Rawb, jeune chanteur réunionnais exilé à Paris qui démarre (1er album tout chaud) et dont la voix est parfaite pour ses mélanges tropicaux, jamaïcains et hip-hop.

Poésie africaine

Maintenant qu’on a ralenti le tempo, et qu’entre la Réunion et la Jamaïque il y a l’Afrique… On va se laisser porter par les traditions Sud-africaines mêlées au folk et au jazz avec le 1er album d’Urban Village, groupe de Soweto qui nous offre des musiques magiques et d’espoir.

Aah ! L’Afrique. En voilà un foyer de poètes musiciens. Il y a… Des grands messieurs, comme Ali Farka Toure. Ici, sur  Diaraby, il est en duo avec Ry Cooder (Paris Texas, ça vous parle?!).
Des non-moins grands mais moins connus, comme Blick Bassy, originaire du Cameroun, et sa voix aérienne dans Ndjè Yèm. Ou Jojo Abot, artiste et musicienne ghanéenne qui qualifie sa musique d’ « afro-hypno-sonique » (on entend déjà le mélange). Ou encore Victor Demé (du Burkina) avec Djon maya. Certains reconnaîtront le remix de Synapson en 2014. Mais laissez-vous toucher par l’original qui date de 2008 (année de son 1er album après 30ans de carrière).
On ne quitte pas encore l’Afrique, on va prendre le temps d’écouter un poème/slam musical de celui qu’on ne présente plus, Gaël Faye, avec son Ennui des après-midi sans fin…ou la madeleine de Proust de mes années tropicales.

Poésie d’ailleurs

Et après cette langueur africaine, on laisse ce continent, mais on garde la douceur pour finir avec un autre genre de poète musical, Patrick Watson dans The Great Escape :

« Oh he says, bye bye
Bye to all of the noise »

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