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Feu! Chatterton à Paloma, Nîmes

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J’en suis persuadée, Feu! Chatterton est un groupe qui entrera dans la postérité. Dans deux générations, les mille personnes qui étaient à Paloma le 22 mars dernier pourront dire à leurs enfants ou petits-enfants « oui, je les ai vus en concert en 2018! ». Pour ma part, je me vois déjà, le regard ému, replonger dans mes souvenirs de cette soirée-là. Me rappeler à quel point la basse a retourné ma cage thoracique, comment les mots d’Arthur Teboul m’ont touchée, rappelant d’autres souvenirs et donnant des envies de grands espaces et de littérature.

Car Feu! Chatterton est un groupe poétique, entre passé et présent. Tout est dans le nom, hommage au poète du 18e siècle Thomas Chatterton. Alors bien sûr, il y a les textes d’Arthur Teboul qui nous font voyager dans l’espace et le temps. Qui donnent envie de passer de plaine en plaine, de ne jamais être « étrangers l’un à l’autre » ou simplement d’écouter le mythe du Côte Concorde, inspiré du fait-divers du Costa Concordia. Mais il y a aussi cette batterie qu’on entend à peine parfois puis qui nous fait chavirer quand elle chamboule complètement le morceau. « Du ciel tombe des cordes/ Faut-il y grimper ou s’y pendre. » La guitare qui l’appuie à nous faire péter le coeur. « Sur le pont du côte Concorde/ Cinq étoiles dans la nuit sont mortes. » La basse mi-claque mi-caresse. Et le public conquis par ce groupe qui peut nous faire danser les larmes coincées dans la gorge et le coeur serré. Mais toujours avec un sourire aux lèvres. Celui qui pointe quand on se dit « bordel, quelle chance que ces cinq mecs se soient rencontrés ! ». Merci, Feu! Chatterton.

Photo : Aina
Texte : Jessica