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Rock en Seine 2019

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Les gros festivals, c’est pas trop notre truc. On a fait une exception, au départ juste pour The Cure et puis Eels (jamais vus auparavant). Au final on a prolongé d’une journée essentiellement pour Jungle et Louis Cole.
Impasse sur le troisième jour, en effet c’est pas donné donné (115€ les deux jours, 159€ les 3).

On arrive à 16h. Ça commence par 1h de queue en plein cagnard pour rentrer. Les habitués disent que c’est jamais arrivé. Pas de bol. En plus les files n’ont pas été prévues aussi longues, donc rapidement sans barrière ou autre signalisation : facile de resquiller en faisant style « ah mais j’avais pas compris que la queue était jusque tout là-haut ». ; d’où quelques tensions entre festivaliers.
Ensuite 3 fouilles successives un peu identiques puis traversée du site immense jusque la grande scène, sans s’arrêter aux bars pris d’assaut …

Premier jour

C’est pas hyper encourageant comme début.

Beaucoup ont d’ailleurs raté Balthazar programmé à 17h sur la grande scène.
On arrive après deux morceaux.
On les a vus deux fois au Rockstore, forcément c’est pas comparable. Ils assurent un set resserré (type festival) de bonne tenue surtout vu l’heure, la chaleur, l’ambiance molle d’après-midi.

Bon moment qui nous fait un peu oublier les désagréments précédents.
Retraversée du site car le groupe que l’on veut voir We Hate You Please Die, c’est sur une petite scène à l’autre bout, à l’entrée du site.
Toujours pas d’arrêt au bar, les files font peur. On arrive quand même après un ou deux morceaux. Le timing est trop serré.

On a bien fait d’y aller fissa car on prend un bon coup de pied au cul.
Deux gars (chant, guitare), deux filles (basse, batterie).
Garage, bien énervé. On adore le chanteur qui s’agite dans tous les sens, donne tout et envoie quelques vannes bien senties sur le paradoxe entre le côté grosse machine d’un tel festival suppôt du grand capital , et la joie de pouvoir jouer devant autant de monde. Bien sympas, bien marrants, énergie débordante, final tonitruant. Un nom de plus dans la scène rock française actuelle, les cousins normands de Johnny Mafia. La relève !

Les rockers purs et durs présents sont aux anges. On entend un « c’est quand même autre chose que leur rap de merde ». Un rocker réac. Hihihi.
Le débat sur la prog est présent : beaucoup ne digèrent pas la présence de nombreux artistes rap, RnB, soul, électro de cette année (le samedi).
« C’est Rock en Seine oui ou merde ?! » sera leur leitmotiv.

On s’en fout, on veut manger et boire. Peur d’attendre des plombes.
Stratégie : on y va tôt. 19h.
Heureusement qu’on avait fait le choix de l’appli cashless et pas pris le bracelet sinon on aurait encore dû faire une queue qui semble interminable.
Au final ça va assez vite au bar à vin (pour les bières c’est toujours bondé) et pour certains food trucks, peu de file pour le moment : un bon point, faut dire y en a un nombre hallucinant.

Bon on a un peu sacrifié Jeanne Added (grande scène) vue deux fois à Paloma. On l’écoute d’un peu loin en mangeant un aligot saucisse (?!) donc on n’est pas totalement dedans. Un beau moment à noter avec le chœur classique Accentus venu l’accompagner sur un titre.

Ça enchaîne sur la scène Cascade à taille plus humaine avec Eels. Excellente prestation pleine d’humour et d’autodérision, grosse complicité entre les musiciens. En forme de Best of de sa carrière donc plus rock que ces deux derniers très beaux albums.
Une reprise de Prince (Raspberry Beret) en prime. Grand plaisir en tout cas.

Mon unité référence en terme de festival, c’est Tinals.
Bon, niveau jauge on est à 10 Tinals et ça se ressent. Y a foule.
Sujet sensible en festival : les chiottes ! Il n’y en a que 2 fois plus qu’à Tinals, à trois endroits seulement , le plan est pas terrible en plus. C’est blindé, encore pire pour les filles. Ce serait bête de rater The cure pour aller pisser ! D’un autre côté on n’arrive pas à aller au bar, on n’a pas bu une bière donc ça peut attendre …

The Cure  nous y voilà !
C’est blindé. Je suis dans la première moitié mais  je ne vois rien à part les écrans, j’apercevrai par moment des silhouettes tailles Playmobil. Pour les photos, pas la peine d’espérer un souvenir !
Le son est souvent moyen, trop de basses, brouillon. Dommage.
Beaucoup de fans absolus donc on n’échappe pas au syndrome Patrick Bruel : ça chante les paroles (souvent faux) sur tous les morceaux. C’est plutôt touchant.
Ça manque, pour moi, de titres première période au son bien  80’s donc je suis victime de légers décrochages, j’avoue.
Mais les moments magiques (A Forest, Play for today …), les 30 dernières minutes où s’enchaînent les morceaux cultes (Close to me, Boys don’t cry …) , la voix de Robert Smith impressionnante de bout en bout, leurs regards et sourires complices : tous ces ingrédients réunis donnent un show de 2h15 très classe.

On sort de là sans la motiv pour aller voir Kompromat, qu’on verra à Paloma cet automne.

Deuxième jour

Au vu de la prog, c’est RnB en Seine au grand dam des rockers !
Par contre opération rajeunissement du public réussi.
La moyenne d’âge est divisée par deux, mais le nombre de spectateurs aussi on dirait. Donc zéro attente, plus d’espace et une ambiance beaucoup plus cool. C’est pas ça la bonne jauge plutôt ?!

16h Bonne surprise avec Celeste. Quelle voix !! Superbe, sans forcer, une facilité déconcertante, un style qui fait penser à Amy Winehouse inévitablement, parfois un grain à la Adèle mais plus sobre (sans mauvais esprit). Un côté nu soul, jazz, hyper classe. On la sent un peu timide, statique mais on s’en fout.
Dans un style proche, plus tard on verra la fin du set de Mathilda Homer, tout aussi jeune. Sympa, prometteuse.
La soul anglaise est là en force.

La grosse fessée espérée est bien au rendez-vous avec Louis Cole, le funk du futur : entouré de choristes-danseuses délirantes, d’une grosse section de cuivre, flûte, clavier, basse, lui est à la batterie, à l’ordi et au clavier. Jazz électro funk, une scénographie déjantée en héritiers de Funkadelic-Parliament.
Sous le soleil de 17h, surchauffe assurée, dance-floor déchaîné. Que c’est bon ‼

Girl in red, seule affiche rock du jour. La jeune norvégienne sans complexe a bien répondu présente, bondissante, à fonds du début à la fin. Très sympa, prometteur.

Polo et Pan : deux dj, une danseuse-chanteuse par moment, un peu trop plan plan cul-cul pour moi, j’ai l’impression d’entendre un disque passé plus fort, la mention live ajoutée sur le programme n’y change pas grand-chose. Le public a l’air content et danse. C’est l’essentiel.
Mais y a quand même live et live.

Jorja Smith :  Au Sac à Son, on n’aime pas dézinguer, on préfère mettre l’accent sur ce qui nous plaît mais là le concert de louanges est tellement unanime qu’on vous livre un autre son de cloche.
A la base je ne suis pas fan, un peu surpris par l’ampleur du buzz, alors j’espérais que le live allait me faire basculer.
Bah non en fait : le chant est vraiment trop maniéré (il faut prononcer un peu les consonnes quand même non ?!) ça force, et en mode Flow hip hop ça coince aussi. Un peu de play-back et beaucoup de choristes.
La comparaison avec ses compatriotes du jour n’est pas à son avantage. Hormis les premiers rangs, le public est assis,  pas hyper dedans. La fin est meilleure (mais c’était quoi ces solos de guitare boursouflés style rock fm ?!)
J’avoue, je ne comprends pas les dithyrambes sur sa prestation, la voix cristalline, les comparaisons de folie …
Bref, elle est jeune, talentueuse, c’était la grande scène, faut peut-être juste pas brûler les étapes.

Allez, je compte sur Jungle pour me réveiller après ces deux heures un peu décevantes.
Mission accomplie. Gros son, bon son. Les voix de tête magnifiques, planantes.
Belles lumières à dominante dorée. Les titres des deux albums s’enchaînent. 1h sans temps mort de groove, de danse. Euphorisant, ça plane pour moi.

Fin de soirée : Major Lazer.
Euh… C’est pas celui que je connais ou bien ?!
C’est pas la fête avec des MC qui posent du rap, du ragga en live ? Pourquoi il joue pas ses bons titres ?
Pourquoi cet autozapping de sons de trente secondes ?
Trop de Gimmicks tuent le gimmick.
Hands up, Hands up : oui mais  pour te dire au revoir. On lâche l’affaire au bout d’une demi-heure.


Une gaufre cannelle calva pour conclure en beauté le festival, sur une belle note sucrée.

Un petit bilan en guise de conclusion :

Cette échelle de festival c’est vraiment too much pour moi, avec tous les inconvénients qui en découlent, surtout le premier jour qui a affiché complet, saturation limite ingérable j’imagine.
Les conditions ne sont pas idéales pour apprécier la musique, surtout sur la grande scène.
C’est le prix à payer (au sens propre aussi) pour voir certains artistes qui ne se produisent qu’avec ce type de jauge.
Et comme le disaient nos chouchous de We hate you Please Die, la présence de tous les sponsors et stands à la con piquent un peu les yeux.
En revanche, l’ouverture de la prog à d’autres genres que le rock n’est pas un problème pour moi bien au contraire, on peut espérer que les nouvelles générations seront moins communautaristes musicalement que beaucoup de leurs aînés.
Le bilan est musicalement largement positif avec en prime de belles découvertes. Beaucoup de jeunes artistes, d’artistes féminines aussi. Tout cela va dans le bon sens. Attention à garder l’équilibre entre Rock et autres, tête d’affiche et découvertes et tout le monde y trouvera son compte.

Texte : Jérome Pifunk
Photos : Agnès Lortho

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