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Sunday # Morning : Durand Jones & The Indications, les voix à suivre !

Retour sur un coup de cœur de cette année : Durand Jones & The Indications un groupe américain de Bloomington dans l’Indiana plus exactement.

Leur premier album éponyme est sorti en 2016 sur le label indé Dead Oceans (sur lequel on trouve Dirty Projectors, Destroyer …), mais seulement en 2018 en Europe.

Deux extraits :

Cet album est court mais excellent : 8 titres superbement écrits et interprétés, de la soul, un soupçon de funk James Brownien sur le bien nommé « Groovy baby » et sur « Tuck’n roll« .

La voix de Durand Jones, saxophoniste de formation mais tombé dans le gospel dès sa tendre enfance dans sa Louisiane natale, y fait merveille ;  un registre étendu, un léger voile à la Sam Cooke ou John Legend.

Sur le titre « Is it any wonder ? » c’est le batteur Aaron Frazer qui chante en falsetto.
Justement dans leur deuxième album American Love call sorti en mars 2019, ils creusent ce sillon : les deux se partagent le chant, les harmonies vocales sont très présentes (comme sur « Don’t you know« ), ce qui rappelle, entre autres, the Impressions de Curtis Mayfield (sur « True love » notamment).
D’autant plus que comme chez lui, les paroles sont dans les deux registres : sentimental et social.
Des chansons d’amour, d’amitié et aussi des chansons sur l’Amérique d’aujourd’hui. L’élection de Trump étant passée par là, elle a amené le groupe sur ce terrain plus politique (le sublime « Morning in America » qui ouvre l’album).

Cet opus beaucoup plus produit, enregistré à Brooklyn, propose 12 titres. Et ce qui frappe encore, c’est la qualité des compositions, des voix.

Donc ce n’est pas juste de la soul vintage, ils se définissent eux-mêmes comme un groupe de soul post- hip hop, influencés certes par la musique du passé mais pas seulement.

Alors, on se dit qu’il faut voir ça sur scène, où ils ont commencé à se faire connaître ; les performances live entendues ou vues sur la toile font vraiment envie. Manque de chance, ils tournent encore assez peu en Europe, quelques dates parisiennes, anglaises et bruxelloises programmées pour l’instant. Il va falloir patienter, pas trop longtemps, j’espère !

Texte : Jérome Pifunk
Photo de couverture : Agnès Lortho