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C’est arrivé près de chez vous : This is my love trip !

Un live report non exhaustif sur le This Is Not A Love Song, basé sur des choses entendues : florilège de brèves, de déclarations définitives et souvent contradictoires, autant d’avis que de festivaliers, un joyeux bordel, la vie quoi !

Comme tous les ans, il y a unanimité sur la beauté du site, la taille humaine du festival, l’ambiance cool, détendue, grâce entre autres à tous les à-côtés : les animations du barrio, les conférences, la chorale …

En plus, la météo est quasi-parfaite, juste un peu de vent le jeudi. Ça s’annonce bien.

Entendu à propos du son : excellent surtout dans les salles et sur la grande scène, et il y a les oreilles exigeantes : «  il est pas terrible le son de Mosquito, il y a que des mediums ! », « ça manque de patate cette année dehors ».  Oui le Tinalsien a un haut niveau d’exigence.

A propos de la programmation : « trop de rock cette année », « putain pas assez de rock cette année », « trop de pop, trop de trucs mous », « pas assez d’électro aujourd’hui », « c’est quoi ton jour préféré ? Jeudi – ah bon, jeudi c’était le moins bien ! ». Donc conclusions : le français est râleur et personne n’est d’accord. Du coup on rigole bien.

On rentre un peu plus dans le détail.

Premier jour : Les retrouvailles avec Tinals

On commence par Rhino qui transforme le patio en piste de danse, direct comme ça à 17h, cette édition, on la sent bien déjà.

Belle découverte : Wallows pop rock ; dialogue : « on dirait vraiment beaucoup les Strokes ?! – Ouais, c’est vrai, mais c’était bien quand même ? – Ouais carrément bien en fait. »

Inspector Cluzo, scène flamingo

On a bien aimé Nude party et encore plus Ron Gallo, pour lesquels on a entendu le gimmick récurrent du Tinalsien indie rock hardcore : « c’est bon ça, non ?! – C’est mou quand même. » Eh ouais ici y en a qui veulent du lourd, du qui dépote, et ils vont être servis par Inspector Cluzo et l’inévitable Shellac qui divise lui aussi finalement : agression sonore pour les uns qui tiennent quelques minutes, perfection absolue du son pour les autres, et le sempiternel « quand même Steve Albini, il a produit Nirvana ». Décidément on se marre bien à Tinals.

Sublime moment dans la grande salle : Aldous Harding habitée, qui arrive à imposer son rythme lent, ses silences pour nous faire entrer dans son univers.

Aldous Harding, grande salle à Paloma.

Caroline Rose, un des coups de cœur du Sac à Son, a confirmé sur scène avec une prestation énergique, pleine d’humour et une vraie bonne voix. J’entends un « y en a marre de la pop avec des refrains » qui me met en joie.

Pour finir la soirée : la Fat White Family précédée d’un buzz un poil démesuré compte tenu de leurs albums, mais reconnaissons que l’attitude et l’énergie sur scène ont fait le travail : nous embarquer dans une ambiance de dance-floor rock bien moite.

Deuxième jour : Une montée en puissance

Autres coups de cœur Sac à Son : Off the wagon nous a emballés dans le patio pour démarrer la journée. Cet homme-orchestre montpelliérain qui envoie comme quatre est à suivre.

DTSQ : on les sentait bien ces jeunes coréens pratiquant le rock psyché, deux concerts (un dans la grande salle et encore mieux celui du patio) : énergiques, sympas, drôles, en bref bien plaisants. 

La journée est plutôt folk, rock, pop, electro : Lou Doillon, Big thief, Courtney Barnett, Methyl Ethel, James Blake.

Dans l’ordre mon avis perso : malgré tous ses détracteurs la première s’en sort très bien, un peu déçu par les seconds (d’autres ont adoré évidemment), coup de cœur pour Methyl Ethel et touché par la voix et la beauté du dernier qui atteint des sommets sur ses meilleurs titres.

Delgrés, scéne Mosquito

Si on voulait faire le plein d’énergie, il fallait aller danser avec Lizzo (un show RnB, hip hop extravagant de power ranger rose twerkant à tout va) et se réchauffer au blues rock créole de Delgrès dont on a déjà parlé dans le Sac.

On passera sur la fin de soirée frustrante : impossible pour beaucoup d’assister au concert brûlant de It it Anita (dont on présentera une interview prochainement), et franchement c’est pas la prestation de Rico Nasty qui allait nous consoler.

Troisième jour : C’est déjà la fin

Shonen Knife, le trio de Japonaises, rock vintage, sympa pour s’échauffer.

Premier concert : Fontaines DC un peu décevants, fin du set après 35 minutes seulement alors que ça décollait bien. Bon le chanteur n’avait pas l’air au top. Ils se rattraperont plus tard au patio lors de leur deuxième passage (faisant pas mal de déçus restés en carafe à l’extérieur, dédicace aux copains du Musight Club !).

Le groupe de post-punk français Rendez-vous qui confirme après le festival Love letters d’Avignon : c’est tranchant, c’est compact, c’est puissant !

Ensuite la foule s’est partagée entre la pure énergie de Shame et Low qu’on n’a pas vu mais qui a laissé son public béat d’admiration.

Dernier concert en apothéose punk garage avec slams et pogos pour les encore trop méconnus bourguignons de Johnny Mafia dont on vous a déjà parlé (dont on présentera une interview prochainement) Ils ont mis le feu à la grande salle et il n’y a pas que de la sueur, il y a du niveau, de la qualité dans les compos. Précipitez-vous sur le dernier album « Les princes de l’amour » et suivez-les, ils vont tout déchirer !

Et tant d’autres performances dont on a entendu parler, d’artistes à découvrir, à suivre : certains ont été transportés par le hiphop de Genesis Owusu, d’autres par le folk rock de Tomberlin, la pop de Boy Pablo, Wednesday Campanella et son ballon géant qu’on a vu passer sans comprendre pendant qu’on mangeait (bah oui faut bouffer aussi !), le set dj et les danseurs de Channel Tres ! Et que sais-je encore … ?

Ce festival, c’est une infinité de combinaisons, de

rencontres, c’est dense et ça passe vite alors on attend déjà l’an

prochain. On sait aussi qu’entre temps on va voir des artistes sur scène,

on va se dire « mais au fait ils étaient à Tinals, on les avait ratés, non ?.

Bah oui et depuis ils ont explosé alors on continuera à penser :

« putain ils sont trop forts pour les découvertes ».

Texte : Jérome Pifunk

Photo : Aina